Théâtre : Luc Saint-Eloy au Festival de Fort-de-France avec « L’impossible Procès »

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Samedi 16 juin 2918, Luc Saint-Eloy était dans les studios de Radio France Internationale. Il était question pour le metteur en scène, comédien et dramaturge de présenter sa nouvelle pièce de théâtre, qui se jouera au prochain Festival de Fort-de-France à la Martinique.

Cette rencontre culturelle auprès de Yasmine Chouaki, aura été l’occasion également, de repréciser le travail du guadeloupéen, qui se fait un devoir de valoriser les créations des artistes de la diaspora, en leur rendant hommage, comme Eugène Mona et son tambour. « Mwen Ka mandé lanmou pou tambou a », cette œuvre théâtrale met en avant la puissance du tambour dans les chants du martiniquais, décédé en 1991 à Fort-de-France.

Rendre visible une communauté qui apprivoise mal le mot réconciliation et Luc Saint-Eloi de lui dire : « Je suis, nous sommes les fils du monde, mais nous devons nous ouvrir au monde ». L’héritage commun avec l’Afrique, le metteur-en-scène guadeloupéen le souligne. Capture, déportation, vente, esclavage, afro-descendants, Luc Saint-Eloy résume son passé ainsi : « Je me sens comme un « rapiécetage ». On se construit au fil du temps. Je dois apprivoiser ce que je suis pour aller vers la réconciliation ».

Comprendre le passé. Il l’inscrira dans « Les échos de la mémoire », cette série radiophonique devenue une exposition, inaugurée par l’ancien président François Hollande.

Au cœur de toute cette résonance identitaire, le créole, cette langue qu’il maîtrise, née dans la « racine antillaise », berceau de la résistance, puisqu’« on ne peut pas dire que l’Europe est en nous ». Un clin d’œil à l’invisibilité qui cache, qui tasse, qui bafoue les droits de la communauté noire en France.

Le militantisme pour exorciser l’indifférence. Ce sera le 12 et le 13 juillet 2018 au 39 ème Festival de Fort-de-France au Théâtre Aimé Césaire. Luc Saint-Eloy a mis en scène, une période qui fait encore débat dans la vie guadeloupéenne. La manifestation ouvrière de 1967 qui entraîne une période de trouble, de répression coloniale, ce massacre aujourd’hui reconnu, est à l’origine de deux procès houleux en France et à Pointe-à-Pitre.

Du 19 février au 1er mars 1968, 18 guadeloupéens, 18 indépendantistes de l’île seront emmenés en France pour être jugés devant la Cour de Sûreté de l’Etat à Paris et incarcérés. Les autorités de l’époque, les reprochaient d’être «  politiquement responsables du climat de rébellion et des événements qui s’en sont suivis ».

Un an plus tôt, des émeutes et des répressions, ensanglantaient Pointe-à-Pitre. Plus de cinquante ans sont passés, si l’Etat a reconnu, en 2016, qu’il s’agissait d’un massacre sur la population guadeloupéenne, on ne sait toujours pas le chiffre exact des victimes.

« Je suis un fils du monde, un afro caribéen » Luc Saint-Eloy, metteur-en-scène, dramaturge et comédien, d’origine guadeloupéenne.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images capture d’écran/RFI/C’news Actus Dothy/CaesRebelles