TiMalo écrivain : « La langue créole est notre héritage, notre passeport pour la Caraïbe, utilisons-la ! »

Il y a quatre ans, l’écrivain Thierry Malo connu sous le nom de TiMalo était dans la capitale londonienne invité par la guadeloupéenne Nadia Nérom. De retour cette année, il est au Creole day Festival ce samedi 30 novembre 2019, en tournée promotionnelle pour son second livre entièrement écrit en créole. Ti Malo devenu un fidèle du Creole Day Festival, apprécie cet événement annuel : « Cela me fait plaisir d’être là de rencontrer des créolophones qui ne sont pas forcément des francophones.  Il y a quatre ans à l’occasion de mon passage au Créole Day Festival, lors de la sortie de mon premier livre  « Dyablès », j’avais rencontré des Saint-Luciens, des personnes originaires de Montserrat. C’est super chouette de rencontrer d’autres créoles et d’être dans un lieu qui nous ressemble, sans chichi »

Le créole pourrait être « le passeport des caribéens » avance l’écrivain dont les livres sont écrits dans un créole accessible à tous les créolophones. Le créole, un outil indispensable pour TiMalo, un moyen qui lui permet lors de ses déplacements d’échanger avec ses  autres voisins antillais : « J’étais en Martinique il y a quelques jours et mes écrits étaient compris de tout ceux présents ce jour-là, des martiniquais, des guadeloupéens mais également des saint-luciens, des  haïtiens et des dominiquais qui étaient dans la salle. »

« Channda »

Aux Antilles françaises, si le créole est la langue maternelle, la langue officielle reste le français. Parlé par tous les martiniquais, le créole n’est utilisé ni dans l’administration ni dans les grandes rencontres officielles. La langue qui pourtant est inscrite dans le patrimoine reste tabou pour certains. Dès les années 1980, de nombreux travaux d’écrivains et universitaires ont fait avancer la pratique de la langue tant dans la société antillaise que dans l’éducation scolaire et universitaire. Mais quoiqu’on fasse, le créole reste encore tabou pour d’autres.  Pas pour TiMalo, l’écrivain de  « Dyablès » a été bercé par ce rythme dès sa naissance comme tous les guadeloupéens, mais sans aucun tabou sa mère et sa grand-mère lui parlaient et écrivaient en langue créole jusqu’à l’age adulte .

TiMalo écrivain de Guadeloupe au Creole Day Festival à Vauxhall Grove (Londres)

C’était comme une évidence de le transmettre à travers ses ouvrages : « J’écris en créole, pour l’amour de cette langue, j’ai grandi parlant cette langue créole. Quand ma mère partait travailler, comme toutes les maman, elle me laissait toujours un petit mot sur le réfrigérateur pour , il était rédigé en créole. Plus tard, quand je suis partie poursuivre mes études, ma mère s’est mise aux e.mails et elle les rédigeait en créole ! »

TiMalo présente son dernier livre « Channda »

En grandissant TiMalo découvre son aisance à communiquer : « C’est bien plus tard que je me suis rendu compte que j’avais eu la chance de baigner dans cette langue durant toute mon enfance. Même avec ma grand mère je discutais en créole. Vraiment j’ai la chance d’avoir le créole en héritage. Je n’ai pas toutes ces barrières qu’on nous a mises, je connais des familles qui ont eues ce genre de barrière mais pas moi. Donc je peux le faire pour parler à mon peuple. Alors j’écris. »

Illustration de « Channda » écrit entièrement en créole guadeloupéen

Embrasser une carrière d’écrivains de langue créole, un défi : « Il y a quelques années, nos prédécesseurs ont énormément galéré pour la reconnaissance du créole comme Raphaël Confiant ou jean Bernabé. Aujourd’hui, j’ai cette chance de pouvoir consulter des dictionnaires.» Résultat, « On a mis des barrières dans nos têtes, on peut chercher et trouver les coupables mais à un moment, il faut qu’on les enlève », estime l’auteur convaincue que c’est à chacun, chaque caribéen créolophone de reconquérir ou de perpétuer les traditions antillaises au risque de les voir disparaître.

Edité par Grankontèl – Thierry Malo, son nouveau livre s’intitule « Channda », qui veut dire partir, c’est la suite de « Dyables », un livre écrit sur les violences faites aux femmes. « Channda » est parue en octobre dernier, il a été présenté en Guadeloupe et en Martinique et aujourd’hui à Londres au Creole Day Festival. »

TiMalo enregistre des podcasts en créole à découvrir sur ce lien 

Samedi 30 novembre 2019, au Creole Day Festival 2019, l’écrivain TiMalo explique pourquoi il écrit en langue créole. Une tradition perpétuée depuis qu’il est enfant, par sa grand-mère et ensuite sa mère :

Pour TiMalo, le créole ne doit pas mourir… (C'news Actus Dothy)

GUADELOUPE – MONDE CRÉOLE – LONDRES : Sa mère lui laissait des petits mots sur le réfrégérateur en CRÉOLE, TiMalo était encore un très jeune enfant. Sa Grand-mère, sa mère, sa famille n'ont aucun TABOU avec cette langue …

Publiée par Antillesboxmail – Dothy sur Jeudi 5 décembre 2019

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images et vidéo C’news Actus Dothy