Trois jeunes chercheuses des Antilles-Guyane reçoivent le prix jeunes talents L’Oréal-UNESCO 2022

Afin de valoriser l’excellence scientifique de celles-ci, la Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO, décerne le Prix Jeunes Talents Pour les Femmes et la Science France 2022 à 35 jeunes brillantes chercheuses dont Christine Barul et Elodie Calvez qui travaillent et habitent en Guadeloupe et Opale Coutant qui a vécu en Guyane. La remise des prix aura lieu ce 12 Octobre, au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers).

Christine Barul, est Post Doctorante à l’Inserm | Irset – Inserm UMR_S 1085 Faculté de Médecine, Université des Antilles. Son domaine d’étude est la Science de la santé et plus particulièrement l’Epidémiologie

Elle cherche à limiter les risques cancérigènes liés à l’environnement de travail.

Christine mène des recherches en post-doctorat au sein de l’équipe d’Épidémiologie en santé au travail et ergonomie (Ester), sur le site Antilles en Guadeloupe. Cette jeune maman, titulaire d’un master d’épidémiologie, avait auparavant réalisé une thèse sur l’exposition professionnelle aux solvants et le risque de cancer des voies aéro-digestives supérieures. Son objectif est d’évaluer les expositions dans les milieux professionnels, à des facteurs comme les pesticides, et leur rôle dans les cancers des travailleurs, notamment dans les Antilles françaises. Ses résultats, inédits pour la plupart, serviront de base à l’amélioration de la santé en milieu professionnel.

Elle est originaire de la Guadeloupe et habite Le Moule.

Elodie Calvez, est post-doctorante au Laboratoire d’Etude sur le Contrôle des Vecteurs (LECoV) à l’Institut pasteur de Guadeloupe.

Elle cherche à comprendre les mécanismes de transmission de virus par les moustiques.

Finistérienne d’origine, Elodie a réalisé son doctorat à l’Institut pasteur de Nouvelle Calédonie.

C’est au sein de l’Institut Pasteur de la Guadeloupe qu’elle mène des recherches de post doctorat au Laboratoire d’Étude sur le Contrôle des Vecteurs. Cette structure étudie le comportement des moustiques, la résistance aux insecticides et leur aptitude à transmettre des pathogènes de type arbovirus comme les virus de la dengue, chikungunya et Zika. Ses travaux visent à déterminer si les nutriments et bactéries présents lors du développement du moustique Aedes aegypti influencent cette habilité à transmettre des virus.

Elodie vit aux Abymes en Guadeloupe.

Opale Coutant, est doctorante au sein du Laboratoire Évolution et Diversité Biologique (EDB), Université Paul Sabatier 3 à TOULOUSE. Elle cherche à évaluer les impacts des activités humaines sur les écosystèmes d’eau douce en Amazonie.

Elle se consacre à l’étude des écosystèmes amazoniens et à l’impact des activités humaines sur la biodiversité de cette région. Ayant grandi à Cayenne, en Guyane Française, elle est particulièrement familière des milieux qu’elle étudie et souhaite contribuer à leur conservation en améliorant leur compréhension.

Opale est une chercheuse globe trotteuse. Née à la Réunion, elle a passé son enfance à Cayenne. Ses études l’ont conduit à Bordeaux, Grenoble, Dunedin en Nouvelle-Zélande en passant par le Moulis en Ariège et Toulouse !

LE MONDE A BESOIN DE LA SCIENCE, LA SCIENCE A BESOIN DES FEMMES

Aujourd’hui en France, les femmes sont encore trop peu présentes dans la recherche scientifique : elles ne représentent que 28 %1 des chercheurs, contre 33,3 % au niveau mondial. En outre, elles rencontrent des difficultés à poursuivre leur carrière scientifique et accéder à la reconnaissance qu’elles méritent. En Europe par exemple, seulement 14 %2 des hautes fonctions académiques sont occupées par des femmes, et moins de 4 % des prix Nobel scientifiques ont été décernés à des femmes dans le monde.

« Nous ne pouvons pas avancer si la moitié de l’humanité est laissée pour compte. Sans les femmes, aucun progrès n’est possible. Nous devons les encourager, les rendre visibles, leur donner les moyens de lutter contre les obstacles existants et leur permettre d’inspirer les générations futures ». C’est ce qu’a rappelé Alexandra Palt, Directrice Générale de la Fondation L’Oréal, lors du Sommet 2022 sur la transformation de l’éducation au siège des Nations unies en septembre dernier.

Si la science ne peut tout résoudre à elle seule et réparer « par magie » des décennies de dégâts écologiques, elle représente un espoir pour l’humanité. Les avancées et les découvertes scientifiques contribuent à nous rendre plus résilients, plus adaptés et plus créatifs. Pour y parvenir, la science a besoin de toutes les contributions. La mobilisation de l’ensemble des talents scientifiques n’a jamais été aussi vitale. Exclure ou minimiser le rôle des femmes en sciences grève d’emblée notre capacité à remporter la bataille.

DES CHERCHEUSES BRILLANTES ET ENGAGÉES

Pour la 16ème édition du Prix Jeunes Talents France, la Fondation L’Oréal et ses partenaires réaffirment leur engagement aux côtés des femmes scientifiques, afin de les accompagner, les rendre visibles, et soutenir leurs recherches.

Cette année, 23 doctorantes et 12 post-doctorantes ont été sélectionnées en France parmi 660 candidatures éligibles par un jury d’excellence composé de 28 chercheurs de l’Académie des sciences. Un jury présidé par le Professeur Patrick Flandrin, Président de l’Académie des sciences en France, pour qui « les 35 Jeunes Talents 2022 prouvent une fois de plus, et de la manière la plus concrète, que l’excellence n’a pas de genre. Les talents que manifestent ces jeunes chercheuses en début de carrière et la diversité de leurs trajectoires sont un encouragement formidable à suivre leur exemple ». Pour cette édition 2022, elles sont toujours plus nombreuses à consacrer leurs recherches à des thématiques environnementales.

Ces scientifiques prometteuses vont se voir attribuer une dotation de 15 000 € pour les doctorantes, et de 20 000 € pour les post-doctorantes, qui les aidera à poursuivre leurs travaux de recherche. Elles vont également bénéficier de formations en leadership (développement personnel, négociation, communication et prise de parole en public, etc.), visant à leur donner des moyens supplémentaires pour affronter le « plafond de verre » et mieux valoriser leurs recherches scientifiques.

Provenant de France métropolitaine et des régions d’Outre-mer, et issues de domaines de recherche très divers, ces chercheuses souhaitent partager et transmettre leur passion pour la science, afin d’inspirer les scientifiques de demain. Pour Victoire Cachoux, doctorante en informatique et sciences de l’information à l’Institut Curie, « une représentation des femmes plus juste dans le monde scientifique permet de faire une science plus juste ». Elsa Ducrot, post-doctorante en astronomie et astrophysique au sein du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA, Paris-Saclay) a également rappelé que « la capacité d’innovation d’une équipe s’accroît avec sa diversité et son inclusivité ».

Initiés en France en 2007, les programmes nationaux et régionaux Jeunes Talents Pour les Femmes et la Science de la Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’UNESCO, permettent de remettre chaque année près de 250 dotations dans plus de 110 pays. Ces prix apportent aux Jeunes Talents un soutien spécifique à un moment charnière de leur carrière scientifique.

INSPIRER LES PLUS JEUNES

En 2021, à la suite de la réforme du baccalauréat, toutes les spécialités scientifiques ont baissé de plus de 30 % dans les choix des lycéennes, hormis l’informatique (NSI). Depuis, 1 lycéenne sur 2 en Première générale abandonne les mathématiques à la fin de la Seconde générale3. Face à ce déséquilibre, la Fondation L’Oréal multiplie les initiatives pour encourager les plus jeunes filles à croire en leur potentiel et se tourner vers des carrières scientifiques.

Pour la première fois, une rencontre entre lycéennes et lycéens et les 35 Jeunes Talents France 2022 sera organisée au Centre national des arts et métiers, le mercredi 12 octobre 2022. L’objectif est de mettre en lumière des carrières et des parcours scientifiques féminins, tout en faisant découvrir la diversité des filières scientifiques.