Un énorme serpent aperçu dans une rivière au Lorrain

serpent

Hier un internaute a partagé le cliché d’un énorme serpent photographié dans la Rivière du Lorrain.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel reptile est aperçu en Martinique. Le trigonocéphale ou encore Fer de Lance est parfois capturé et tué sur l’île lorsque des agriculteurs ou encore des randonneurs le croisent sur leur chemin.

Vire avec son trigonocéphale en Martinique

Cette espèce est endémique de la Martinique. Un cousin du Bothrops lanceolatus vit également dans l’île voisine de la Martinique : à Sainte-Lucie, il s’agit du Bothrops caribbaeus. Son arrivée sur l’île de la Martinique s’est faite grâce à une dispersion trans-océanique depuis l’Amérique du Sud vers Sainte-Lucie et de la même manière vers la Martinique, il y aurait entre 3 et 6,5 millions d’années.  Ce serpent n’a pas été introduit, ni par les Amérindiens, ni par les colons pour empêcher l’évasion des esclaves (lesquels s’échappaient quand bien même il y avait des serpents venimeux dans l’île) selon l’ouvrage du Père Labat : Voyage aux Isles, chronique aventureuse des Caraïbes (1693-1705).

Des travaux scientifiques récents, visant notamment à savoir s’il fallait ou non classer l’espèce en « espèce menacée », ont permis de dresser une carte des habitats favorables au Bothrops lanceolatus. Il en ressort que la répartition de la population en trigonocéphales semble morcelée entre le nord/centre de l’île et le sud. Les populations du sud étant très morcelées et celles du nord semblent quant à elles, beaucoup plus homogènes. Les forêts humides, la fraîcheur, les points d’eau et les altitudes supérieures à 200 m, voir à 400 m semblent des zones d’habitat plus favorables.

Ce serpent est donc présent du nord au sud de la Martinique. Concernant son habitat, il privilégie les endroits calmes et retirés comme la forêt du nord de l’île ou les mornes boisés (collines), du sud et également les plantations de canne à sucre; parfois à proximité des habitations où il peut trouver des proies telles que les rats en abondance. Il est faux de croire que ce serpent est devenu rare en Martinique, même après une grande campagne d’éradication dans les années 1960 à 2002. Toutefois, il pourrait faire l’objet d’un classement comme espèce à protéger (classement UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Il est néanmoins régulièrement détruit par les habitants qui peuvent croiser par inadvertance son chemin (champ, jardin, chemin, etc.), ce qui prouve sa relative abondance. (Sources : Wikipédia)

Photo : Guy Tarkowsky