Un étudiant en détresse financière s’immole en pleine rue à Lyon

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, France
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Ce vendredi 8 novembre dans l’après-midi, un étudiant de l’université Lyon 2, s’est immolé en pleine rue, devant le Crous, dans le 7e arrondissement.

Dans un message publié sur Facebook au préalable, l’étudiant originaire de Saint-Etienne, explique son geste. Il détaille la précarité de sa condition d’étudiant et parle de la perte de sa bourse, de la survie, du chômage de masse et du fascisme.

Selon les secours il est brulé à 90%. Voici sa lettre :

Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable, si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement.

Cette année, faisant une troisième l2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais, 450€/mois, est ce suffisant pour vivre ?

J’ai eu la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?

Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons nous cotiser avec un chômage de masse ?

Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicats aujourd’hui, avec le salaires étudiant et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas notre vie à la gagner.

Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.

Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nos diviser et créer et du libéralisme qui crée des inégalités.

J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes que l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir crée des peurs plus que secondaires.

Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça.

Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.
Et désolée pour l’épreuve que c’est.

Au revoir

Photo : Capture écran Google view