Un étudiant martiniquais violemment agressé par des agents de sécurité à Avignon

En vacances dans la ville d’Avignon, Jordan Taconnet, 24 ans, relate comment il a été « passé à tabac » le 28 mai dernier, par des vigiles à l’entrée d’une boite de nuit.

« Un jeune sans histoire qui aime faire la fête et qui ne ferait pas de mal à une mouche » selon ses amis. Ces derniers ne comprennent pas « cet acte gratuit » envers le jeune homme. Contacté par notre rédaction, Jordan précise que « cette boite de nuit, tenue par des corses est de réputation raciste » et qu’il ne le savait pas.  « Va-t-en d’ici, ils vont te tuer », lui aurait conseiller un employé de la discothèque. Une plainte a été déposée deux jours après l’incident; à ce jour ni la direction de l’établissement ni les auteurs des faits n’ont encore été convoqués par la justice. Jordan prépare un Master de création de site à l’EGC de Martinique. Il est actuellement dans la région pour l’été afin de trouver un job de vacances jusqu’au mois d’août. Voici son récit :

En séjour dans cette belle ville d’Avignon ou réside ma mère ; avec des amis le week end du 28 Mai 2016, je décide de passer une bonne soirée et donc de me rendre dans une boîte de nuit sous l’invitation d’une amie vers 2h du matin, LE BAKAO’S
Accompagné de deux amies, nous nous faisons refouler sans motif valable. Ne perdant pas de temps nous avons rebroussé chemin vers ma voiture, tranquillement et sans faire de vagues alors que un vigile nous suivait.
Arrivés à hauteur du parking, un deuxième vigile de l’établissement s’approche (tout deux légionnaires) m’attrapent par le dos et me tombent dessus en m’assènent de violents coups de matraque, tout en me traitant de « sale noir » et autre injures à caractère raciste.
Mes deux amies tentent de s’interposer mais elles restent impuissantes face à tant d’acharnement.
Plus tard une fois que j’ai repris connaissance ces deux même vigiles reviennent à ma voiture pour m’y déloger afin de me frapper une nouvelle fois et cela seulement au visage.
Je me retrouve actuellement hospitalisé avec de graves traumatismes crâniens des multiples fractures, et une opération chirurgicales à subir.
qui ne resteront pas sans séquelles.
J’ai déposé plainte à ce jour, alors pour vous et votre survie, tracez votre chemin et renseignez-vous sur les établissements de nuits dans lesquels vous souhaitez aller.
Il est malheureux de constater qu’aujourd’hui en 2016 on peut encore se faire passer à tabac pour sa couleur de peau, ou sa religion.

Son témoignage a été largement relayé sur les réseaux sociaux et voici ce que lui a répondu la direction du Bokao’s :

Cher Monsieur, les faits que vous dénoncez sont d’une extrême gravité, et seront traités avec tout le sérieux qui leur est dû.

Soyez assuré que nous réclamons comme vous que toute la lumière soit faite sur cette affaire, et c’est la raison pour laquelle nous avons choisi de nous associer à votre plainte.
Pour l’heure, nous avons immédiatement réagi en diligentant un enquête interne, laquelle ne nous a pas permis de mettre en cause la société chargée de la sécurité de notre établissement.
Les personnes que dénoncez indiquent avoir réagi en réponse à une agression d’un client fortement alcoolisé.
Les actes racistes sont vivement contestés, le personnel en question nous faisant remarquer que sa couleur de peau est strictement identique à la vôtre.
Je peux enfin vous affirmer que notre établissement accueille avec le même égard tous ses clients, quelle que soit leur couleur, leur confession, homo ou hetero.
Nous sommes et demeurons engagés dans la lutte contre tous les types de discriminations.
Bon rétablissement,
La direction du Bokao’s

Le jeune homme est toujours hospitalisé dans le sud de la France, il espère que justice sera faite très vite.