Un ingénieur camerounais conçoit une couveuse connectée plus adaptée aux besoins de son pays

Pour Serge Armel Njidjou «Chaque souffle compte». Ce chercheur, ingénieur camerounais a conçu une couveuse de haute technologie qu’il a nommée : «Couveuse néonatale interactive AUI 1.0». Le magazine Instants Africains l’a rencontré à l’Institut Français de Yaoundé, l’inventeur présentait son projet lors du EDF Pulse Africa en octobre dernier.

L’idée a pu se concrétiser au sein de l’Agence Universitaire pour l’Innovation (AUI) créée dans la ville camerounaise de Dschang en 2016. Serge Armel Njidjou est manager de ce hub d’innovations scientifiques, technologiques et entrepreneuriales et c’est depuis cet espace de recherche qu’il a lancé ce chantier des couveuses.

Le nouveau-né prématuré n’a pas encore la maturité nécessaire pour réguler sa température. Il a besoin d’être tenu au chaud, c’est la fonction principale de la couveuse, appelée également incubateur. Dès la naissance, le nourrisson est donc placé, s’il en a besoin, dans ce milieu chaud et humide afin d’assurer une hydrométrie optimale et se rapprocher des conditions de l’utérus de sa mère.

Serge Armel Njidjou a expliqué au magazine Instants Africains, l’Afrique par ceux qui la façonnent, en quoi son expérience est innovante en Afrique. Selon le chercheur, les couveuses néonatales importées ne résistent pas aux fluctuation de l’énergie que connait le Cameroun :
« Les couveuses peinent à dépasser les 18 mois d’activités au Cameroun suite à la baisse de tension ou d’énergie» a déclaré l’ingénieur. «De plus, celles-ci ont un coût élevé variant entre 3000 (en Asie) à 12 000 euros ( en Europe). Ces «couveuses néonatale interactive AUI 1.0» sont une première en Afrique subsaharienne.».

Le projet de couveuse connectée conforme à la norme internationale CEI-601-2-19, a reçu le prix spécial du chef de l’Etat aux journées de l’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation au Cameroun (JERSIC). Une reconnaissance suivie par le prix du projet innovant pour les femmes en Afrique au digital challenge organisé par l’Agence Française de Développement en France.

L’invention de Serge Armel Njidjou intègre la technologie numérique audiovisuelle au dispositif médical indispensable pour les enfants prématurés. Sa couveuse néonatale est capable de résister aux baisses de tension. Elle peut être connectée au téléphone du médecin qui pourra voir en temps réel l’évolution de santé du nouveau-né sur son smartphone grâce notamment à la vidéo. Le coût actuel de la couveuse néonatale connectée est de 2900 euros note Serge Armel Njidjou.

Elles sont légères et sont constituées de dispositifs intégrés pour la photothérapie et d’une caisse de rangement des couches des bébés.

Une vingtaine de couveuses sont en construction pour des cliniques privées du Cameroun en attendant de recevoir l’homologation du Ministère de la Santé du Cameroun de ses couveuses. un agrément qui, espère Serge Armel Njidjou,  donnera un signal fort pour le développement des couveuses connectées, les «couveuses néonatales interactives AUI 1.0».

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook twitter Instagram C’news Actus Dothy
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