Un membre présumé d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique assigné à résidence en Martinique

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Un homme, d’origine marocaine est, depuis jeudi, assigné à résidence au Morne-Rouge.

Rachid Rafaa, un informaticien âgé de 37 ans, est soupçonné par les autorités du Maroc de faire partie de la branche Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). L’on ne pouvait s’empêcher de remarquer la forte concentration de gendarmes ce jeudi dans la petite commune du Morne-Rouge. Un hélicoptère aurait semble t-il été spécialement utilisé pour amener l’homme directement au pied de la Pelée.

Si le nom de ce jeune informaticien vous est inconnu, c’est loin d’être le cas chez lui, au Maroc, où un mandat d’arrêt international a été émis contre lui depuis 2009.

Il serait soupçonné de « constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes » et plus particulièrement de liens présumés avec AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Rachid Rafaa a toujours réfuté ces accusations.

Interpellé dans le nord de la France, en décembre 2009, suite au mandat d’arrêt lancé contre lui par les autorités du Maroc, il a, depuis, multiplié les actions en justice (demande d’asile, cour nationale du droit d’asile) dans le but d’éviter son extradition vers le Maroc.

Toutes ces procédures ont été rejetées par la justice française.

L’homme est décrit par les services secrets du Maroc comme étant un membre actif du mouvement terroriste. Il est en fait soupçonné d’être un expert dans le domaine du terrorisme informatique et d’être un intermédiaire pour les correspondances, via internet, de toutes les organisations terroristes.

En début d’année 2013, la Cour européenne des droits de l’homme, dans un arrêt, exhorte la France à ne pas extrader Rachid Rafaa vers le Maroc, estimant qu’il y avait un risque très élevé qu’il soit torturé dans les prisons marocaines.

Jusqu’en début de semaine, le présumé jihadiste était assigné à résidence à l’île D’yeu, en Vendée, où il devait se conformer à des règles très strictes. Les mêmes règles devraient lui être appliquées chez nous, en Martinique. Il doit pointer à la gendarmerie plusieurs fois par jour.

Les plus hautes autorités de l’Etat auraient semble t-il opté pour son transfert vers un lieu plus calme, avec l’arrivée de la saison touristique en France.

Si à la base celles-ci souhaitaient faire en sorte que Rachid Rafaa soit vu comme un citoyen lambda, nous en sommes loin du compte car sur notre « petite Martinique » l’on ne peut très longtemps garder l’anonymat.

L’informaticien originaire du Maroc peut aller et venir à sa guise durant la journée,mais a l’obligation de regagner son domicile et d’y rester, une fois la nuit tombée.