Un réalisateur critique Spike Lee : « Il ment dans son film. Le flic infiltré au KKK était utilisé par le FBI pour casser du Noir ! »

Vendredi 17 août dernier, le rappeur, producteur, beatmaker et réalisateur, Raymond Lawrence « Boots » Riley, connu sous son nom de scène Boots Riley, accuse Spike Lee de louer les flics dans don dernier long métrage « BlacKkKlansman », de fausser la vérité. La presse révèle que Spike Lee est impliqué dans une campagne de sensibilisation du NYPD où il était consultant officiel, pour la police de New York.

Alors que le monde du cinéma et les cinéphiles louent l’adaptation du livre à succès qui a offert au réalisateur afro-américain un Prix honorifique à Cannes, le scénariste et réalisateur  Boots Riley, pourrait bien être la seule personne qui ne vante pas le nouveau film de Spike Lee.

Se référant au programme Cointelpro du FBI, Boots Riley a publié un texte sur Twitter critiquant le choix de Spike Lee qui « peint à tort » son personnage central en tant que héros dans « BlackKKlansman ». Boots Riley, rappeur et réalisateur, a également critiqué la participation de Ron Stallworth pour son infiltration par le gouvernement, de groupes de défenses des droits civils noirs, s’appuyant sur les documents du Cointelpro.

Le Cointelpro était un programme de contre-espionnage du FBI sous la direction de John Edgar Hoover pour perturber les organisations dissidentes.

Boots Riley, originaire de Chicago a écrit 3 longues dans lequel il avoue son « plus grand respect » pour le cinéaste qui l’a motivé pour sa formation de cinéaste.
Mais très vite, le rappeur et réalisateur, dénonce le parti pris de Spike Lee concernant le rôle de Ron Stallworth : « Il s’agit d’une histoire inventée dans laquelle les fausses pièces tentent de faire du flic le protagoniste de la lutte contre l’oppression raciste » a déclaré Boots Riley, le réalisateur de la comédie « Sorry to Bother You ».

« Les documents de Cointelpro, montrent également que lorsque les organisations suprématistes blanches ont été infiltrées par le FBI et les flics, ce n’était pas pour les perturber », a écrit Riley. « C’était pour les utiliser dans le but de menacer ou d’attaquer physiquement les organisations radicales. Il n’y avait aucune directive pour arrêter la montée des organisations suprématistes blanches. La directive était d’arrêter les organisations radicales. Les suprématistes blancs ont été infiltrés pour être plus efficaces dans la répression voulue par l’État. »

Ecrit en 2006, « BlacKkKlansman » est tiré de l’histoire vraie de Ron Stallworth, un ancien officier de la police du Colorado Springs.

Ron Stallworth a, à peine vingt ans quand il intègre la police. Pour comprendre le fonctionnement et faire tomber les membres du Ku Klux Klan, le jeune afro-américain s’infiltre dans l’organisation du Ku Klux Klan,

Pendant sept mois d’enquête, entre 1978-1979, Ron Stallworth en utilisant son vrai nom et en se faisant passer (dans ses courriers et au téléphone) pour un raciste et un négrophobe acharné, réussit à tromper les membres du Ku Klux Klan, même les plus racistes comme David Duke, le « grand sorcier » du Ku Klux Klan . Pour assister aux réunions, il dupait l’organisation et se faisait représenter par l’un de ses collègues « blancs ».

 

Spike Lee qui participe à une campagne de sensibilisation aux minorités, initiée par la Fondation du NYPD (New York City Police Department) n’a encore publié aucun commentaire.
« La Fondation a approché et consulté plusieurs équipes créatives, dont l’agence Spike DDB, pour aider à développer une campagne de sensibilisation visant à renforcer le partenariat entre le NYPD et les communautés desservies », a déclaré Brady Littlefield, porte-parole de la Fondation. « Nous avons reçu des contributions et des idées formidables, et ce processus a finalement abouti à la campagne publicitaire de police de proximité du printemps dernier».

La Fondation a versé plus de 200 000 dollars à Spike Lee pour être consultant dans cette vaste campagne de sensibilisation.

Quant à Ron Stallworth, lorsqu’on lui a demandé de répondre aux attaques de Boots Riley, l’ancien policier a répondu : « Je prie pour mon frère atteint de démence et de dissolution. »

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy                ImagesOkayPlayer