Une martiniquaise obtient que l’hôpital de Villiers-le-Bel soit débaptisé du nom d’un médecin jugé raciste

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L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a annoncé, ce mercredi, avoir pris la décision de débaptiser l’hôpital Charles-Richet de Villiers-le-Bel, qui porte le nom d’un médecin qui avait décroché le Prix Nobel en 1913, auteur d’ouvrages jugés racistes. Dans le même temps, la mairie de Villiers-le-bel fait savoir qu’elle débaptisera la rue qui porte aussi ce nom courant mars.

La question de débaptiser cet hôpital s’est posée en fin d’année lorsqu’une bénévole de l’établissement avait lancé une pétition. C’est en décembre 2014, un peu par hasard que Paola Charles-Manclé est tombée sur cette affaire. Passionnée de généalogie, cette quinquagénaire née à Saint-Pierre, en Martinique, aime surfer sur le net.

Un jour elle décide alors de taper le nom de Charles Richet du nom de l’hôpital devant lequel elle passe régulièrement et c’est là qu’elle découvre avec stupeur les propos racistes de Charles Richet dans un ouvrage qu’il a écrit en 1919.

Elle décide alors de lancer une pétition sur le web pour que l’hôpital soit débaptisé. Elle reprend dans la pétition, des passages, authentifiés, de l’ouvrage publié en 1919, L’Homme stupide. «Voici à peu près trente mille ans qu’il y a des Noirs en Afrique, et pendant ces trente mille ans ils n’ont pu aboutir à rien qui les élève au-dessus des singes », écrivait Charles Richet.

Face à la colère et la détermination des signataires (3000) de la pétition, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a, en effet, reconnu, dans un communiqué, que ces textes authentifiés de Charles Richet étaient « d’une telle nature qu’ils ne pouvaient être considérés comme compatibles avec le nom d’un hôpital et les valeurs du service public hospitalier ».

C’est un véritable soulagement pour Paola qui a lutté pendant plusieurs semaines pour que cet hôpital soit débaptisé. Rien n’est jamais perdu d’avance avoue-t-elle.

Je suis sûre que mes parents m’auraient dissuadée de faire ça. Ils m’auraient dit : c’est peine perdue, ça ne changera rien. Je suis fière de ma Martinique, mais ça m’énerve d’entendre que tous les combats sont perdus d’avance. Il faut de l’optimisme, de la niaque. Ça vaut le coup !

Elle souhaiterait que l’hôpital soit rebaptisé du nom du premier medecin noir ou africain.