Une pétition intitulée, « Manifeste pour la Martinique », a été lancée vendredi 31 juillet sur la plate-forme change.org afin de «donner la parole au peuple» sur la controversée Porte du Tricentenaire

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Une pétition intitulée, « Manifeste pour la Martinique », a été lancée vendredi 31 juillet sur la plate-forme change.org afin de «donner la parole au peuple» sur la controversée Porte du Tricentenaire.

Cette pétition a été rédigée par notamment des professeurs d’histoire et de géographie, des chercheurs ou encore des maîtres de conférences parmi lesquels : Elisabeth Landi, Professeure d’Histoire,

Zaka Toto, Directeur de la revue Zist, Elsa Juston, Professeure d’Histoire-Géographie
Myriam Moïse, Maître de conférences, Audrey Célestine, Enseignante-chercheure
Mario Gilbert, Artiste ou encore Valérie-Ann Edmond-Mariette, Doctorante en Histoire.

Dans leur pétition, les auteurs proposent « une intervention artistique éphémère et non invasive ». s’agissant de la controversée Porte du Tricentenaire du Parc Aimé Césaire, qui divise les Martiniquais. « Pour continuer la pratique du cannibalisme esthétique et urbain imaginé et pensé par Suzanne Roussi et Aimé Césaire et mis en oeuvre sur la Porte du Parc par Khôkhô René-Corail » expliquent-ils.

« Car il ne s’agit pas, par un processus de décolonisation de détruire, mais plutôt de déconstruire. Car il ne s’agit pas, par arrogance et manque de respect, de juger nos ancêtres qui ont érigé cette porte, mais plutôt de se la réapproprier au regard de ce que nous sommes devenus », assènent-ils.

« Que le temps sacré de cette création proposée par nos artistes qui ont voulu, à la suite de Khôkhô, matérialiser une vision décoloniale, soit celui de la réflexion et du dialogue. », plaident-ils.

Plus de 820 signataires en une heure

Une heure après son lancement sur la plate-forme change.org, la pétition avait déjà recueilli plus de 820 signatures.

« Ce pays ne peut plus se décider sur des coups-de-tête et des impulsions, changer de combat et de discours chaque semaine silon van, courir dans tous les sens comme des poulets sans tête », déplorent les auteurs de la pétition qui se demandent «quelle société martiniquaise désirons-nous? Comment apaiser les tensions mémorielles?.

« Et c’est précisément pour cela que nous voulons nous battre. Pour plus de Martinique. Pour que la Martinique soit aux Martiniquais, et pas à quelques Martiniquais contre d’autres Martiniquais », ajoutent-ils, regrettant les « tensions » qui divisent actuellement la Martinique sur les problématiques mémorielles.

Des activistes ont appelé dimanche la population à se retrouver au Parc Aimé Césaire pour « rénover » la fresque de l’artiste Khôkho René-Corail, laissée à l’abandon depuis plusieurs années. Cette oeuvre qui raconte le génocide des Amérindiens par les colons, a été imaginée par l’artiste, à la demande de l’ancien maire de Fort de France, Aimé Césaire.
Il s’agissait d’une démarche mémorielle pour « contrebalancer » le sens et la fonction de la Porte du Tricentenaire érigée en 1935 pour célébrer les 300 ans de l’arrivée du colon Pierre Belain d’Esnambuc, en Martinique.

La destruction voire même la dégradation de la Porte divise les Martiniquais. En première ligne, les partisans du poète et homme politique Aimé Césaire, qui mettent en garde contre toutes tentatives de remettre en cause ou dénaturer sa vision mémorielle.

« Nous souhaitons que nous arrêtions de nous rabaisser entre nous, chaque nouveau prophète se déclarant plus conscient que l’ancien. Nous voulons rétablir l’amour, l’unité et la transmission. Que cette société démontre qu’elle est une société de bienveillance et d’inter-compréhension », écrivent les auteurs de la pétition.
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