Vauclin : La route de la discorde qui empoisonne les relations entre la famille Dovin et la mairie

Rédigé par : Hugo Paterne, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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La famille Dovin reproche à la mairie du Vauclin de lui « voler » son terrain et de le mettre à la disposition non seulement des habitants de la Baie des Mulets mais aussi au service d’un promoteur de station-service. Selon ces héritiers, le maire a fait voter en conseil municipal le transfert d’office de leur parcelle dans le patrimoine de la commune, sans aucune contrepartie. Toujours selon cette famille, le maire prétend avoir privilégié le dialogue, mais elle parle d’un geste « makak » de la part de l’édile.

Le promoteur de la station-service a obtenu un permis de construire de la mairie « en catimini » selon les Dovin qui précise que la sortie et l’écoulement des eaux usées sont prévus sur leur terrain. L’affaire n’a jamais été jugée sur le fond d’après les héritiers qui espèrent que « le juge dira le droit » et que leur droit à la propriété privée sera enfin respecté ».

Voici l’intégralité du courrier de la famille Dovin diffusée sur les réseaux sociaux :

« Quelle honte et quel scandale !

Nous sommes atterrés de constater avec quel aplomb le maire du Vauclin ment à ses administrés et à tous les Martiniquais, osant sans vergogne salir la mémoire de notre père, un homme généreux et apprécié de tous.

Tous ceux qui l’ont connu peuvent en témoigner. Là où il est, il doit terriblement regretter sa générosité et sa naïveté. Cette prétendue « route » ou « chemin rural de la Baie de Mulets » fait partie de notre propriété privée depuis 1990.

En 2010, le maire demande à notre père la mise à disposition à titre provisoire de notre parcelle pour soulager les habitants de la Baie des Mulets, le temps que soit aménagé un nouveau carrefour près de la boutique. Mais ce provisoire a duré dix ans. A l’occasion de l’élaboration du PLU, notre père avait demandé comme juste compensation pour les désagréments causés par le passage sur son terrain (vols permanents dans ses champs, déchets de toutes sortes à ramasser sur la voie, paiement jusqu’à maintenant de la taxe foncière pour une parcelle mise à disposition du quartier, nuisances sonores, trafics illicites, … ) une extension de la zone urbanisable sur laquelle se trouve la voie litigieuse, mais aucune transaction pour une vente ou une cession de la parcelle à la commune n’a jamais été élaborée.

Notre père est décédé en 2012. Par respect pour sa mémoire, nous les héritiers, avons laissé perdurer cette circulation sur notre propriété et nous aurions sûrement continué. Mais en février 2019 la mairie accorde en catimini un permis de construire pour une station-service dont la sortie et l’écoulement des eaux usées sont prévus sur notre terrain.

Personne n’était au courant et nous avons hélas tardé à réagir. L’affichage réglementaire indiquait « bâtiment et service » au lieu de « station-service ». Trompés par cet affichage portant à confusion, nous avons attaqué tardivement au Tribunal Administratif ce permis de construire qui intégrait sa sortie sur notre propriété privée. Nous avons été déboutés, le juge estimant que l’oubli du mot « station » était « une erreur de plume », négligeant aussi le problème de la sortie. En novembre 2019, au Tribunal de Grande Instance, nous avons tenté d’interdire l’utilisation de notre propriété pour accéder à la station.

Le juge a estimé que la parcelle étant ouverte au public, on ne pouvait la fermer au propriétaire de la station. Par contre, le juge précise qu’il est incontestable que la voie est propriété exclusive des héritiers DOVIN (le maire ayant prétendu que la voie lui appartenait) et que les allégations du maire concernant un prétendu « arrangement » avec notre défunt père sont pour le moins douteuses. L’affaire n’a jamais été jugée sur le fond.
Nous espérons, comme monsieur le maire, que « le juge dira le droit » et que notre droit à la propriété privée sera enfin respecté.

Dans un communiqué, le maire prétend que des « contreparties substantielles » ont été accordées. Que veut-il insinuer ? Que les héritiers DOVIN ont été payés ? C’est faux ! Que le changement de PLU constitue un moyen de paiement légal au Vauclin lui permettant de s’approprier le bien des gens ? Sommes-nous toujours dans un état de droit ? Après dix ans de silence, brusquement, à l’ouverture de la station, le maire décide de faire voter en conseil municipal le transfert d’office de notre parcelle dans le patrimoine de la commune, sans aucune contrepartie.

Dans cette affaire, on peut donc se demander quels intérêts défend le maire. Ceux des habitants de la Baie des Mulets ou ceux du promoteur de la station-service ? En fait, il nous vole notre terrain ! Le maire prétend avoir « privilégié le dialogue » avec les héritiers DOVIN, mensonge !

Qu’il présente un seul courrier envoyé aux héritiers DOVIN sollicitant une rencontre pour régulariser cette situation, durant ces dix années ! Est-ce qu’un message WhatsHapp, envoyé deux jours avant le vote de l’arrêté d’expropriation, constitue une tentative de dialogue, ou plutôt « une procédure de cession à l’amiable » ?

Car c’est le seul et unique geste, pour ne pas dire « geste makak » fait avant ce scandale d’expropriation déjà planifié. Nous sommes conscients et tristes de la gêne causée aux habitants de la Baie des Mulets, mais cette situation n’est pas de notre fait.
Monsieur le maire nous attaquant dans nos droits et notre intégrité, nous faisant passer pour des tricheurs, nous n’avions d’autre choix que d’agir afin de rétablir notre honneur et mettre un arrêt brutal à cette situation honteuse visant à nous voler notre bien dans les quatre mois.

Nous nous devons, comme tout Martiniquais le ferait, de défendre notre droit, l’honneur de notre père et de notre famille.

Les héritiers DOVIN