Vers un nouveau procès pour Mumia Abu Jamal, en prison depuis 36 ans

Cette semaine, l’espoir d’un nouveau procès de l’ancien condamné à mort a fait un bond. Une avancée pour la défense de Mumia Abu Jamal.

Leon Tucker, un juge de Philadelphie a rendu une décision ce jeudi, qui pourrait aboutir à un nouveau procès de l’ancien journaliste Mumia Abu-Jamal, reconnu coupable du meurtre d’un officier de police de Philadelphie en 1981 dans des circonstances troubles.

Mumia Abu Jamal

Ancien membre du Black Panther, Mumia Abu Jamal né Wesley Cook était depuis longtemps surveillé par la police de Philadelphie. Journaliste à la station de radio WHYY dans les années 1980, ses articles sont un mélange de revendications sociétales et de faits d’actualités. Puis Mumia est licencié après son soutien marqué au groupe radical Move, soupçonné en 1981, d’avoir tué un officier de police au siège du groupe.

Au chômage, Mumia Abu Jamal devient chauffeur de taxi.

Le 9 décembre 1981, un officier de police contrôle son frère William Cook. La situation prend une mauvaise tournure, le gardien de la paix, Daniel Faulkner est abattu par arme à feu, dans le dos et à bout portant. Plus loin, les secours découvrent Mumia Abu Jamal blessé, assis sur le trottoir, une balle dans la poitrine.

Arrêté, il est est accusé d’avoir assassiné le fonctionnaire de police. Jugé, le verdict de la Cour suprême tombe, il est condamné à la peine capitale. 1982, Mumia Abu Jamal purge sa peine dans l’aile de sécurité maximale de la prison de Greene, près de Waynesburg, en Pennsylvanie en attendant l’exécution de la sentence.

Si sa culpabilité divise, sa condamnation à mort est insupportable pour sa famille mais aussi pour de nombreuses associations humanitaires comme Amnesty International. Ses avocats qui relèvent de nombreuses irrégularités de procédures demandent à corps perdu la révision de son procès. En 2011, sans jugement, une cour fédérale annule la condamnation à mort et la commue en prison à vie. Au delà des fautes de procédures, d’autres voix notent l’impartialité du juge Albert F. Sabo qui présidait le procès de Mumia Abu Jamal en 1982.

Ce jeudi 27 décembre 2018, le juge Leon Tucker de la Cour suprême de Philadelphie a estimé que le juge Ronald Castille, qui a officié comme procureur du district de Philadelphie et ensuite comme juge dans le même procès de Mumia Abu Jamal, aurait dû se retirer de la procédure.

« L’attente du public d’une justice impartiale est nécessaire. Le moindre soupçon de partialité ou d’impartialité trouble l’ensemble du système judiciaire », a écrit le magistrat Tucker dans une décision de 26 pages rapportent les médias américains.

Une décision qui ouvre une porte à l’équipe juridique de Mumia Abu-Jamal qui peut interjeter appel dans trente jours, ce qui aboutirait à un nouveau procès. Seulement cette avancée dépend également du procureur de Philadelphie, Larry Krasner qui peut encore faire appel de cette décision.

Si la famille du policier Daniel Faulker se bat pour protéger la mémoire de l’officier abattu en 1981, cette décision peut être une nouvelle occasion de comprendre les faits qui ont conduit Mumia Abu Jamal dans une prison où il a passé une grande partie de sa vie. Le journaliste afro-américain de 64 ans, militant et activiste, attend toujours une probable libération, depuis 36 ans.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy Images Sopboxy/Vox.com