Violences conjugales : « Pour moi il est trop tard. Dès la 1ère gifle, il faut partir, surtout s’il y a des enfants »

Flore comprend toutes les mesures d’urgence et les lois mises en œuvre pour les femmes maltraitées par leur mari ou conjoint. Mais la femme qu’elle est devenue se désole que les enfants ne soient pas sortis plus vite et le lui fait des foyers où règnent la violence quotidiennement. « Les blessures ne seront jamais guéries. Pour moi, il est trop tard » lâche Flore, presque résignée.

Il y a 20 ans, elle assistait impassible au « tabassage » de sa mère, sa seule alternative était de s’enfuir de la maison familiale. Un appartement bien situé dans une cité pavillonnaire que de guère lasse sa mère devra abandonner, pour se « sauver » dira-t-elle.

Flore a 19 ans quand elle part, sa mère sa dernière petite sous les bras, décide malgré elle de partir, n’importe où, mais aller ailleurs. Pourtant une douleur immense habite encore Flore. Assister sans réagir à cette violence physique contre sa maman et devoir la quitter ! Aujourd’hui la béninoise ressent de la culpabilité.

Les émotions submergent Flore. Toutes les blessures refont surface après tant d’années enfouies. Sa petite sœur a grandi dans tellement de logements précaires qu’elle n’a jamais compris pourquoi sa maman s’était séparée de son père. « Elle commence à s’intéresser aux raisons de son départ » soupire Flore.

Quant à ses frères qui assistaient à ces scènes tragiques, ils ont toujours refusé d’en discuter. Un tabou, la violence conjugale.

Flore fond en larmes à chaque occasion, essaie de trouver des réponses pour aller mieux. Dimanche 8 septembre 2019, elle est installée au premier rang du colloque-débat sur les violences faites aux femmes. La rencontre organisée par l’association « Horizons » invitait l’avocate Muriel de Winne, une militante qui s’est longtemps battue pour que les enfants soient immédiatement enlevés du foyer, en cas d’homicides involontaires. « Il faut combattre l’idée que les hommes violents ne sont pas de bons père » répète-t-elle au cours du débat.

Pour Flore, il y a urgence à éduquer les mères et la famille proche : « Dès la première gifle, on doit partir, surtout, s’il y a des enfants ». Déterminée, elle envisage de lancer le débat où qu’elle soit. Flore essuie quelques larmes sur les épaules de sa nouvelle amie, Séverine Massol, victime comme elle des violences conjugales qui ont provoqué 101 féminicides en France, depuis le 1er janvier 2019.

Flore a accepté de raconter le calvaire de sa mère et les traumatismes et blessures qui l’empêchent d’être en paix :

Les enfants et la violence dans le couple/Témoignage ( C'news Actus Dothy)

AGRESSIONS – VIOLENCES CONJUGALES : Pendant 6 ans la mère de Flore était quotidiennement "tabassée" en présence de ses enfants. Aujourd'hui, comment réparer des blessures toujours ouvertes. Flore a du mal… Reportage Dorothée Audibert-Champenois/ C'news Actus Dothy Antillesboxmail – Dothy Horizons Seve Mas Patrick Haddad @Lydia Ponchateau, présentatrice radio/tv #violencesconjugales #battre #souffrance #coups #enfants #grenelleviolentesfaitesauxfemmes #Violenceagainstwomen

Publiée par Antillesboxmail – Dothy sur Lundi 9 septembre 2019

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images C’news Actus Dothy