Violences policières contre des manifestants en Martinique : Nilor et Nadeau exigent du Préfet des explications

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Le député de Martinique, Jean-Philippe Nilor et le maire du Prêcheur, Marcellin Nadeau, ont exigé vendredi que le préfet s’explique sur «les violences policières » à l’encontre des manifestants martiniquais, jeudi, dont plusieurs ont été blessés, en marge de l’arrestation de deux activistes anti-chlordécone.

« Face au brusque déferlement de violences policières que la Martinique a subi hier après- midi, jeudi avril 2020, dans le centre de Fort de France, nous tenons à vous interpeller. En effet, au delà de notre légitime émotion, nous nous posons de nombreuses questions qui ne sauraient rester sans réponses de votre part », écrivent les deux élus au Préfet de Martinique, Stanislas Cazelles, dans une lettre rendue publique.

« Comment expliquer ces arrestations excessivement musclées de militants « activistes » dans un contexte de relatif apaisement ? », interrogent les deux élus.

De plus, ils préviennent que les forces de l’ordre ont commis « l’irréparable » en s’attaquant aux tambours des manifestants, un symbole culturel très fort, ciment de la cohésion sociale de l’île.
« Comment accepter de voir des forces de l’ordre commettre l’irréparable en s’en prenant sans ménagement et sans respect à notre tambour martiniquais, symbole de la résistance et de l’unité de notre peuple ? », s’indignent les deux élus.

« Comment comprendre cette provocation d’un policier censé assurer le maintien de l’ordre et qui paradoxalement a été à l’origine de cette accélération de la violence ? », ajoutent-ils.

Les deux élus dénoncent outre leur « brutalité » mais aussi « d’inadmissibles insultes (dont certaines à caractère raciste) qui auraient été proférées à leur encontre par certains membres de ces forces de l’ordre ».

Ils les accusent de s’être « déchainées sur des manifestants, entrainant de graves blessures » parmi plusieurs d’entre-eux.

« En tant qu’élus martiniquais, nous attendons du représentant de l’État que vous êtes de claires explications, car nous ne saurions accepter l’inacceptable », préviennent-ils.

Ils font observer que « les Martiniquaises et les Martiniquais étaient jusque là surtout préoccupé-e-s par les conséquences de la crise sanitaire que nous subissons depuis plusieurs mois ainsi que par le retour de la violence armée qui endeuille nos familles au quotidien sans émotion ni mobilisation particulière des forces de l’État. »