Virus : Aux urgences «les Noirs comme les Blancs ont le Covid-19, tout le monde est concerné», la réponse aux fausses rumeurs

Aux urgences tout a changé depuis l’arrivée du coronavirus. Le flux est tel que les services sont en plein déménagement pour créer des espaces dédiées aux patients Covid-19. Des cliniques aux hôpitaux parisiens Bichat, Saint-Louis, ou Châteauroux où exercent de nombreux ultramarins, «on vide tout, il faut tout organiser». Une situation inédite pour le personnel «y compris les médecins et internes qui ont peur» qui doivent trouver des solutions dans la précipitation.  Quant aux soignants aguerris au situation difficile, ils se préparent désormais à accueillir de jeunes enfants Covid-19, annonce le journal Le Monde dans ses colonnes du jour. « Tout le monde est concerné par l’infection au Covid-19 » , témoigne une aide-soignante d’un grand hôpital parisien.

Sa charlotte vissée sur la tête, ses deux masques, l’un chirurgical à porter dans les services et l’autre FFP2 pour les chambres des patients Covid-19, sa seule blouse quotidienne et le flacon de gel hydro-alcoolique approvisionné quotidiennement, le tout dans un équipement rationné, la jeune aide-soignante d’un hôpital à Porte de Saint-Ouen est confrontée pour la première fois à un état d’urgence inédit dans sa carrière. Des horaires astreignants, 12 heures par jour, elle officie de jour comme de nuit avec la même envie (comme avant) de soigner les nombreux patients qui arrivent dans ce grand hôpital du 18ème arrondissement. Mais depuis quelques temps la vie hospitalière n’est plus pareille, bousculée entre les zones de surveillance rapprochée (AZAC) où les Covid-19 peuvent «attendre toute une journée» et les admissions immédiates en salle de réanimation pour les plus graves, incubés sur le champ, en attendant d’autres soins pour leur guérison.

Aujourd’hui, c’est lundi et ça va être compliqué après le week-end le taux de visite dans les hôpitaux doublent, s’inquiète la jeune soignante, elle-même testée dès le début de l’épidémie en France. Une chance de l’avoir fait après de sérieux doutes. Elle s’en souvient du jour où elle s’est sentie mal, des courbatures, une faible fièvre, des troubles dyspnéiques identiques à ceux du Covid-19. D’un, des deux tests, le Test Rapide et le Test lent, réalisé avec un simple coton-tige, la jeune soignante sera déclarée négative, non porteuse du coronavirus.

Mais c’est du passé, terminé, plus de tests de prévention ont décidé les autorités françaises. Fini l’important stock de masques, de gants et de gel souvent volé dans l’enceinte même de l’hôpital. «Tout est triste » avoue l’aide soignante, « J’ai peur de ramener ce virus dans ma famille, mon père à 70 ans, ma sœur a de très jeunes enfants, je ne la vois pas, volontairement ».

« Tout le monde est concerné », indique la jeune femme, dans cette chambre « une antillaise d’une soixantaine d’année est intubée ». Un africain d’âge mur et un jeune Noir de 24 ans sont en détresse respiratoire, il faut vite une assistance respiratoire. Des gestes à faire tous les jours, et vite pour sauver des vies. Dès l’entrée des ambulanciers en zone d’urgence, un tri est effectué systématiquement qui conduit les contaminés graves dans des box (SAUV). Les malades sont dirigés dans deux zones, pour les urgences absolues, c’est en zone rouge ou en zone bleue pour les autres patients. Soigner tant de personnes intubées « c’est dur psychologiquement », la soignante assiste ceux qui arrivent et lors des admissions comme ses collègues, elle s’occupe des inventaires des malades graves et dépendants.

Hier, dimanche 22 mars, la rumeur a été démentie, qu’une infirmière d’un hôpital parisien soit morte, mais l’histoire de cette soignante porteuse du Covid-19, trouvée comateuse par sa fille de 18 ans, allongée au sol et hospitalisée en urgence est racontée en boucle dans les services hospitaliers.

Depuis la crise sanitaire, « il y a moins de personnes qui s’aventurent dans les hôpitaux », constate l’aide-soignante, le département des personnes âgées a été déplacé pour libérer des lits. Des réunions se succèdent pour organiser les déménagements de services pour l’isolement, le confinement des malade Covid-19. « Tout est triste », la jeune aide-soignante reprend du service dès ce soir 19H.

A châteauroux, dans l’Indre, un infirmier guyanais doit changer d’étage. Son service doit libérer des places, les 20 lits supplémentaires pourront encore recevoir cet afflux de patients Covid-19, qui augmentent chaque jour.

La loi sur l’état d’urgence sanitaire votée au Parlement dimanche soir dans la nuit, permettra de prendre des mesures rapides destinées à lutter contre la propagation du nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19.

Les derniers chiffres en France sont de 16 018 cas sont confirmés dont 7 240 sont hospitalisés (1 746 cas graves sont en réanimation), 2 200 sont guéris et 674 sont décédés.

En Outre-mer : 

 

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Capture d’écran/C’news Actus Dothy