Virus-Chloroquine : Une martiniquaise rappelle à l’ARS que «ce médicament est extrêmement dangereux pour toute personne en déficit en G6PD»

La prise de chloroquine qui semblait être écartée et «vilipendée»  par le milieu scientifique passe du statut de «fausse solution»,  à celui de «médicament candidat» contre le Covid-19.

Ce médicament qui peut avoir des effets indésirables chez les plus âgés ou en association avec certaines familles d’antibiotiques est aujourd’hui testé pour les cas les plus graves de la maladie coronavirus.

La chloroquine controversée rejoindra les trois candidats déjà inclus dans le projet scientifique Discovery diligenté par l’institut de recherche médicale dans le cadre du consortium multidisciplinaire Reacting (Research and action targeting emerging infectious diseases), lequel réunit plusieurs groupes de recherche français.

Cette nécessaire étude Discovery sera conduite dans quatre CHU (Paris, Lyon, Nantes, Lille) et progressivement étendue «à plusieurs dizaines de centres», selon l’infectiologue Jad Ghosn, qui supervisera l’essai à l’hôpital Bichat, dans le Nord de Paris.

Discovery devrait porter sur 3.200 patients en Europe, dont 800 en France. Il y a urgence, assure le magazine les Echos, car la prise du Plaquenil, l’un des noms commerciaux de la chloroquine, se généralise sans contrôle. Les patients testés durant l’étude seront répartis en cinq groupes : «un groupe placebo traité pour les symptômes uniquement, un pour tester l’efficacité d’un médicament anti-VIH (le Kaletra), un autre qui l’associera à de l’interféron bêta pour moduler la réponse immunitaire, un quatrième pour vérifier l’effet d’un antiviral développé contre le virus Ebola (le remdesivir).»

Mais d’autres voix s’élèvent pour alerter énergiquement les scientifiques car ce traitement utilisé à l’origine contre le paludisme peut provoquer de graves troubles chez certains patients, voire des décès. Il s’agit des personnes affectées ou pouvant être affectées par le déficit en Glucose 6 Phosphate et Deshydrogenase, communément appelé  déficit en G6PD. Cette affection génétique touche environ 400 millions d’individus dans le monde. Elle existe sous la forme africaine, asiatique et méditerranéenne. Ce déficit protège celles et ceux qui en sont porteurs contre certaines formes du paludisme. Les médicaments anti-paludisme tels que la chloroquine, sont donc déconseillés pour les déficitaires.  

Patricia Pierre-Gérome, en citoyenne responsable et elle-même affectée par ce déficit a contacté l’Unité des maladies génétiques du globule rouge de l’Hôpital Henri Mondor,  l’ARS de Bordeaux et également l’Association Vigifavisme. Elle s’explique : 

«Cette pathologie (déficit en Glucose 6 Phosphate et Deshydrogenase) est considérée comme rare car protéiforme. Elle est aussi appelée favisme. 90% des personnes atteintes sont des hommes, 10% des femmes, 1% des femmes atteintes sont homozygotes : c’est mon cas.

Cette affection est la plupart du temps asymptomatique sauf en présence de certains médicaments ou en ingérant des fèves. Le risque d’accidents hémolytiques (destruction massive des globules rouges) est très important en cas de prise de certaines molécules et  peut  parfois entraîner la mort. Le dosage du déficit n’est pas systématique.

Il me semblait nécessaire d’appeler à la plus grande prudence face au silence que je note dans les médias. Prenez soin de vous et de vos proches.»

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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