Virus-Débat : Vers une suppression des vacances pour relancer l’économie en France et en Outre-mer ?

Alors que plusieurs Etats américains, encouragés par le président américain en personne, Donald Trump,  manifestent pour reprendre le travail dans un pays qui compte désormais, plus de 20 millions de chômeurs, la France, elle, se prépare à vivre un «choc économique brutal» au sortir du prochain confinement. 9 millions de salariés sont au chômage partiel pour un coût de 24 millions d’euros quand une entreprise sur deux des TPE n’est pas sûre de survivre à cette cette turbulence économique. Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du médef propose de «travailler plus» pour rattraper le retard et certains employeurs s’interrogent et débattent sur une suppression des vacances de leurs salariés. Les syndicats ne sont pas si sûrs.  Encore confinées, les entreprises tentent tant bien que mal de faire face à l’épidémie de nouveau coronavirus qui va affecter durablement leur activité.

Actuellement, l’économie française perd chaque jour des millions d’euros, le déficit se creuse et tous les voyants sont au rouge, signalent les patrons, les économistes et les politiques. Le défi de la reprise économique semble considérable laisse entendre le gouvernement, surtout pour le secteur du tourisme qui ne doit pas être rassuré après la conférence de presse du premier ministre : « Jamais un tel arrêt économique n’a été aussi massif et aussi brutal. Nous devons organiser nos vies pour les mois qui viennent »

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie à l’Assemblée Nationale

Mardi 14 avril, sur l’antenne de BFMTV/RMC, le ministre de l’économie Bruno Le Maire affirmait que l’effort public d’aide à l’économie atteindra «plus de 100 milliards d’euros». Plusieurs dispositifs d’aides d’urgence ont été mis en place pour soutenir l’économie pendant la crise sanitaire, seulement l’annonce du président de la République, lundi 13 avril, a fait monter d’un cran l’angoisse des professionnels du commerce. «On ne peut pas se contenter de reporter les charges. Nous ne seront pas en capacité de payer dans six mois, un an, deux ans… des charges pour lesquelles nous n’avons aucun chiffre d’affaires. Il faut absolument un moratoire sur les charges fiscales, les charges sociales et les loyers.» s’agace Didier Chenet, le président du GNI, le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie-restauration, au micro d’Europe 1.

A-t-il été entendu? en tout cas, lundi de Pâques, lors de son allocution, Emmanuel Macron a demandé au chef du gouvernement de prévoir «un plan spécifique pour les secteurs qui, comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la culture et l’événementiel, seront durablement affectés».

Si on connait la date du déconfinement, le lundi 11 mai, aucune date de reprise n’est donnée ni pour les hôtels, ni pour les restaurants. Dimanche 19 avril, lors de sa conférence de presse, Edouard Philippe a justifié ainsi cette disposition : «Les commerces devraient progressivement être ré-ouverts. Pas les cafés et les restaurants dans un premier temps parce que cette nature d’activité ne permet pas de limiter dans un premier temps la circulation du virus ».

Et, dans les médias, des économistes depuis quelques jours, suggèrent la suppression des vacances pour relancer la machine économique. Les plus touchés dans cette crise économique qui s’annonce, ce sont les hôtels, les restaurants et les sites touristiques qui ne font plus aucun chiffre d’affaires depuis le début de l’épidémie Covid-19. Un report des vacances d’été ou leurs suppressions pourraient être envisagés, travailler plus durant la période estivale pour compenser les pertes causées pendant les deux mois de confinement? Soucieux des acquits sociaux les syndicats veillent et ce dimanche soir sur l’une des chaînes en continu, l’organisation syndicale CFDT a réagi. Le représentant des salariés «demande» une gestion plus humaine «avant d’aborder l’aspect économique», certain que c’est un sujet qui fait débat et qui concerne tous les secteurs de la vie économique française.

Edouard Philippe, premier ministre à l’Assemblée Nationale

Après deux mois de confinement et une crise sanitaire qui est loin de se terminer, la population française n’est sans doute pas prête à faire dans «le tout financement au détriment de leur santé» laisse entendre le représentant syndical.

Pour l’instant si les épreuves d’inscriptions aux grandes écoles sont reportées, la reprise progressive des classes en primaires, au collège, au lycée et la réouverture des crèches sont seules autorisées. Quant aux grandes vacances scolaires, elles sont maintenues, confirmait depuis le 30 mars dernier, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale. Pour le reste, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du médef a «clôturer le débat sur le travailler plus» dès le lundi 11 mai 2020.

Assemblée Nationale, Paris

Face à une crise d’une ampleur inédite, le nouveau budget (les mesures d’urgence prises pour aider les entreprises et les plus modestes), voté par les députés ce samedi 18 avril, repose sur de sombres prévisions macro-économiques avec un recul de 8 % du PIB en 2020, un déficit public d’environ 9,1 % du PIB et une dette à 115 %, s’accordent tous les experts.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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