Virus : La nicotine contre le Covid-19, une piste très sérieuse à Paris et le Pr Raoult contredit par une étude américaine

La nicotine aurait un effet protecteur contre le nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19. Une découverte prise très au sérieux par les médecins français. Egalement ce mercredi 22 avril 2020, une autre étude préliminaire contredit le charismatique professeur Raoult qui persiste sur l’efficacité  du cocktail qu’il préconise aux malades Covid-19.

Une étude menée par des chercheurs à la Pitié Salpétrière révèle que les fumeurs seraient moins touchés par le Covid-19, des patchs de nicotine seraient administrés à des malades pour en mesurer les effets. Les chercheurs sont partie d’une observation selon laquelle les fumeurs sont peu atteints par le Covid-19. Les chiffres recensés par l’AP-HP (Hôpitaux de Paris) sur un échantillon de près de 11 000 personnes hospitalisées début avril, sont éloquents : 8,5% étaient des fumeurs quand le taux de fumeur avoisine les 25% dans la population. Sur France Inter ce mercredi 22 avril, le Pr Zahir Amoura expliquait pourquoi la nicotine pourrait être un espoir dans la lutte anti-Covid-19. « L’idée est que la nicotine interférerait avec l’attachement du coronavirus sur le récepteur de la nicotine et, pourrait donc s’opposer à la propagation du virus ».

Le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux à l’initiative du projet d’étude parle d’une hypothèse observée sur les fumeurs hospitalisés, et le médecin tente d’expliquer cet effet protecteur : «  il y a plusieurs possibilités » annonce t-il sur une chaîne d’infos en continu, « la première hypothèse c’est que la nicotine (premier composant du tabac) interviendrait contre le virus. La deuxième hypothèse, c’est que, s’il s’agit de la nicotine, celle-ci agirait sur le récepteur de la nicotine qui est aussi un récepteur cérébral bien connu, le récepteur de l’acétylcholine. ». Toujours à l’état d’étude le neurobiologiste prévient :  » Nous souhaitons que les essais en cours qui se font avec les patients avec la nicotine n’entraînent pas un usage abusif de la nicotine et en particulier (ce message vaut pour) les non fumeurs. Cela nécessite un contrôle médical en milieu hospitalier où ces essais cliniques sont programmés. » En résumé, le neurobiologiste adresse un message important aux personnes qui ne fument pas :  « Il ne faut pas se ruer sur les cigarettes ».

 

Dans le même temps, une étude américaine réalisée par the University Virgina School freine les espoirs médicaux sur l’usage de la chloroquine et le cocktail Hydroxychloroquine-Azithromycine utilisés à Marseille.

Pour lutter contre le Covid-19, le Pr Raoult est convaincu que l’utilisation de la Chloroquine est important pour lutter contre l’infection au nouveau coronavirus . Encore hier, mardi 21 avril, le controversé médecin publiait en ligne une vidéo et l’infectiologue insistait sur les bienfaits de la chloroquine « qui pour lui est essentiel contre le Covid-19 , cela tombe sous le sens » concluait-il.

Seulement une étude préliminaire de chercheurs américains qui porte sur les traitements à base d’hydroxychloroquine, met à mal le traitement anti-Covid-19 du Pr Raoult. Selon les chercheurs américains, rien ne prouve que le traitement d’hydroxychloroquine avec ou sans azytromycine aurait permit d’améliorer l’état des patients Covid-19. Pire, au cours de leur étude, ces mêmes spécialistes ont constaté l’augmentation de la mortalité chez les patients traités par l’hydoxychloriqune et par le cocktail du Pr Raoult. Sur 368 malades de plus de 69 ans (en moyenne) le taux de mortalité reste la plus forte et représente 28% au sein du groupe Hydroxychloriquine, 22% au sein du groupe Hydroxychloroquine-Azithromycine et seulement 11% de mortalité au sein du groupe non traité à l’hydroxychloroquine.

En réponse, la prudence est de mise avant de généraliser le traitement sur une population plus large. Le corps médical préconise d’attendre des études randomisées donc contrôlées avant de tirer des conclusions plus générales. Lancés depuis plusieurs semaines, des essais à grande échelle sont en cours comme les essais Discovery au niveau européen mais leurs résultats ne sont toujours pas encore connus.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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