Virus-Outre-mer: La Délégation sénatoriale demande plus de visibilité sur le déconfinement économique

Suite à leur réunion du jeudi 23 avril dernier la délégation sénatoriale Outre-mer demande au Gouvernement d’être plus précis sur le déconfinement économique et propose des solutions spécifiques pour les territoires des Outre-mer.

Sénat, Paris 2017 (Copyrignt Dorothée Audibert-Champenois)

En conclusion et selon le dernier compte-rendu des députés sénateurs réunis pendant le confinement sanitaire national : « il est difficile depuis Paris de créer des solutions qui s’appliqueront efficacement dans toute la diversité des territoires». Aussi, dans le cadre de sa dernière étude sur l’urgence économique en outre-mer, Carine Sinaï-Bossou, présidente de la CCIR Guyane et présidente de l’ACCIOM (Association des chambres de commerce et d’industrie d’outre-mer) a été entendue par les membres de la délégation présente. La représentante guyanaise, Carine Sinaï-Bossou a indiqué que les chefs d’entreprises ultramarins sont confrontés, malgré le renforcement des cellules dédiées des CCI, à des difficultés concrètes d’accès aux informations dans plusieurs territoires.

Le confinement annoncé pour le lundi 11 mai 2020, n’inclut pas une reprise totale  de l’économique dans l’immédiat, et Mme Carine Sinaï-Bossou, observe que depuis quelques semaines l’inquiétude sur la gestion de « l’après » est perceptible. « Les acteurs du tissu économique en Outre-mer s’interrogent sur l’après-déconfinement : quels secteurs seront déconfinés ? Comment organiser l’activité pour protéger salariés et clients ? Comment réaliser des investissements non prévus mais désormais indispensables ? ».

Comme dans l’Hexagone, le secteur du tourisme et des secteurs indispensables à son activité (transports, restauration, commerce…) seront fortement impactés a indiqué Mme Carine Sinaï-Bossou, considérant qu’ « il est indispensable de pouvoir maintenir le secteur touristique au-dessus de sa ligne de flottaison au moins jusqu’à la fin de l’année, au risque sinon de provoquer une réaction en chaîne dans la plupart des économies ultramarines». Le soutien aux compagnies aériennes devra aussi être massif, celles nécessaires au désenclavement de certains territoires, comme par exemple Mayotte ou Wallis-et-Futuna, desservis par une seule compagnie, note la délégation sénatoriale.

En concertation avec les CCI locales, la présidente de l’ACCIOM a formulé des nombreuses propositions sur les fonds de solidarité (harmonisation des conditions d’éligibilité, assouplissement des conditions relatives aux charges fiscales et sociales), sur le prêt garanti par l’Etat (nécessité d’instruire les dossiers plus rapidement et de manière simplifiée, assurer une garantie à 100 %) ou encore sur le chômage partiel (mettre en œuvre plus largement la possibilité pour l’Etat de le payer directement aux salariés dans les collectivités du Pacifique).

Mme Carine Sinaï-Bossou a également plaidé pour des aides à l’investissement et des abattements de charges afin de soutenir en priorité les industries de santé ou encore les secteurs industriels productifs (bois, mines, agroalimentaire…). La présidente de la CCIR Guyane et présidente de l’ACCIOM (Association des chambres de commerce et d’industrie d’outre-mer) a annoncé aux sénateurs le lancement d’une étude sur la relance des économies ultramarines après la crise.

Selon un sondage de la CCI Guyane, effectué en avril, 32 % des chefs d’entreprises guyanais ne connaissent pas les mesures d’urgence adoptées par le Gouvernement.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Source Service de presse du Sénat – Photo Carine Sinaï-Bossou : CCI Guyane
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