Yseult quitte la France, les belges «sont plus sincères avec le passé colonial»

La chanteuse Yseult annonce qu’elle quitte la France pour la Belgique. Contrairement à la France « À Bruxelles, ils sont plus sincères avec leur passé colonial ».

L’artiste vient d’être récompensée aux 36èmes Victoires de la Musique. Yseult est repartie de cette cérémonie avec le trophée de la Révélation féminine. Mais depuis quelques temps, rien ne va plus pour la musicienne. Alors qu’on pensait qu’elle s’était remise des vilaines moqueries sur son poids, la chanteuse déclare qu’elle s’en va. Elle abandonne la France pour nos voisins belges.

«J’ai grandi en écoutant Edith Piaf, Barbara, Jacques Brel, Lara Fabian, Patricia Kaas. Le classicisme français épuré de leurs chansons était ce que j’ai toujours voulu faire de ma propre musique ». En recevant son prix récemment, la chanteuse pensait à toute sa famille. « Ce n’est pas seulement une victoire pour moi, c’est une victoire pour mes frères et sœurs. Nous avons arraché notre liberté, notre indépendance, cet espace. Nous le méritons ».

Yseult se sent un peu trahie

Élevée dans le quartier de Bercy à Paris par des parents camerounais, Yseult a trouvé son espace en France. Mais la chanteuse parisienne de 26 ans, Yseult se sent «blamée» dans l’Hexagone. Elle se confiait au  quotidien britannique The Guardian. «Je veux que toutes les minorités autrefois invisibles de France deviennent visibles dans le paysage culturel. Pas pour la représentation, mais pour ce que nous pouvons apporter. Nous voulons être présents dans la culture parce que nous sommes présents dans la société. Nous voulons que nos contributions soient créditées. »

« En France, je me sens blâmée pour être simplement moi-même alors que Bruxelles est plus éclectique. Ses habitants accueillent la diversité et sont plus sincères concernant leur passé colonial, ce qui est un sujet complètement tabou en France. Mon but est juste d’être consciente de l’environnement hostile dans lequel notre génération évolue, en tant que citoyenne et en tant qu’artiste. Je voudrais que les minorités autrefois invisibles en France aient une place dans l’espace culturel. Pas pour le point unique d’être représenté, mais pour ce que nous pouvons apporter. Nous voulons être présents dans la culture parce que nous sommes le présent de la société. Nous voulons que nos contributions soient créditées » confiait-elle au journaliste du Guardian.

Dans la vidéo de Bad Boy, de son dernier EP, Brut, Yseult dépeint son corps nu lié en shibari, l’art japonais du bondage à la corde. C’était aussi un choix politique, étant donné l’idéal étroit et cliché de la femme française. «Utiliser une forme d’art comme le shibari, dans laquelle nous voyons rarement des corps noirs et des corps gras, est une façon de récupérer un espace dans le récit culturel» pense yseult.

Dorothée Audibert-Champenois (Facebook BLKNews – CNews Actus Dothy)  -Image Le Mag

https://youtu.be/XbQpgFsJ_Co